Lorsque les températures baissent et que les journées raccourcissent, une sensation de faim plus fréquente et des envies alimentaires plus marquées apparaissent chez de nombreuses personnes. Ce phénomène, souvent attribué à un simple manque de volonté ou à un contexte social plus gourmand, repose en réalité sur des mécanismes biologiques, hormonaux et environnementaux bien documentés. L’augmentation de l’appétit en hiver n’est donc pas un hasard, mais le résultat d’adaptations physiologiques héritées de l’évolution et modulées par le mode de vie moderne.
Une adaptation ancestrale à la survie
Sur le plan évolutif, l’hiver a longtemps représenté une période de pénurie alimentaire et de stress environnemental. Le corps humain s’est adapté à ces contraintes en développant des mécanismes favorisant le stockage énergétique et la recherche de nourriture lorsque les conditions devenaient plus difficiles.Dans ce contexte, une augmentation de l’appétit permettait :
• d’anticiper une baisse des ressources alimentaires,
• de constituer des réserves de graisse,
• de maintenir une température corporelle stable.
Bien que l’alimentation soit aujourd’hui abondante et disponible toute l’année, ces mécanismes biologiques persistent et continuent d’influencer les comportements alimentaires saisonniers.
Le rôle clé de la température et de la dépense énergétique
Le froid entraîne une augmentation de la dépense énergétique de repos, liée à la thermorégulation. Pour maintenir une température corporelle autour de 37 °C, l’organisme doit produire davantage de chaleur, notamment via :
• l’activation du tissu adipeux brun,
• une légère augmentation du métabolisme basal,
• des frissons musculaires en cas de froid intense.
Cette dépense énergétique supplémentaire stimule les signaux de la faim afin de compenser les calories consommées. Même si cette augmentation reste modérée dans les environnements chauffés, elle participe à la perception d’un besoin alimentaire accru.
Les hormones de la faim influencées par la saison
L’appétit est régulé par un équilibre complexe entre plusieurs hormones, principalement la ghréline (hormone de la faim) et la leptine (hormone de la satiété).
En hiver, plusieurs études ont montré :
• une augmentation des taux de ghréline, favorisant la sensation de faim,
• une diminution de la sensibilité à la leptine, rendant les signaux de satiété moins efficaces.
Ce déséquilibre hormonal peut conduire à manger plus fréquemment ou en plus grande quantité, sans nécessairement ressentir une satiété durable.
La diminution de la lumière et ses effets sur l’appétit
La réduction de l’ensoleillement en hiver a un impact direct sur les rythmes biologiques. La lumière naturelle régule la sécrétion de mélatonine, hormone impliquée dans le sommeil, mais aussi indirectement dans l’appétit.
En période hivernale :
• la production de mélatonine augmente,
• la vigilance diminue,
• les envies alimentaires, notamment en fin de journée, deviennent plus fréquentes.
Par ailleurs, la baisse d’exposition au soleil peut réduire la synthèse de vitamine D, dont un déficit est associé à des perturbations métaboliques et à une augmentation de l’appétit dans certaines études observationnelles.
Le lien entre hiver, humeur et comportements alimentaires
L’hiver est également associé à une augmentation des troubles de l’humeur, allant d’une simple baisse de moral à des formes plus marquées comme le trouble affectif saisonnier (TAS). Cette variation de l’humeur influence directement la relation à l’alimentation.Les aliments riches en glucides et en graisses stimulent la production de sérotonine, neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur et du bien-être. Le cerveau peut ainsi orienter les choix alimentaires vers :
• des plats plus riches et réconfortants,
• des textures chaudes et rassasiantes,
• des aliments associés à une récompense émotionnelle.
Ce mécanisme explique pourquoi les envies de plats mijotés, de fromages, de féculents ou de desserts sont plus fréquentes en hiver.
Une activité physique souvent en baisse
La saison hivernale s’accompagne généralement d’une diminution de l’activité physique spontanée : moins de déplacements à pied, moins de sorties en extérieur, journées plus courtes. Cette baisse de mouvement peut perturber les signaux de régulation de l’appétit.
Contrairement aux idées reçues, une activité physique régulière contribue à une meilleure régulation de la faim en améliorant :
• la sensibilité à la leptine,
• la stabilité de la glycémie,
• la perception des signaux de satiété.
Lorsque l’activité diminue, l’appétit peut devenir plus erratique, avec des sensations de faim moins bien corrélées aux besoins réels.
Le rôle des rythmes alimentaires et sociaux
L’hiver modifie également les habitudes quotidiennes : horaires décalés, repas plus copieux, multiplication des occasions festives (vive la raclette!). Ces changements peuvent renforcer l’appétit par des mécanismes comportementaux et conditionnés.Les repas hivernaux sont souvent :
• plus riches en énergie,
• plus longs,
• moins structurés autour des signaux internes de faim et de satiété.
À long terme, ces adaptations saisonnières peuvent influencer la régulation du poids et le métabolisme, en particulier chez les personnes présentant une sensibilité à l’insuline ou des troubles lipidiques.
Faim hivernale : un phénomène normal à apprivoiser
Avoir davantage faim en hiver ne relève ni d’un manque de discipline ni d’un dérèglement systématique. Il s’agit d’une réponse physiologique normale, modulée par l’environnement, les hormones, l’humeur et le mode de vie.
La clé réside dans la qualité des choix alimentaires et l’écoute des signaux corporels, afin de répondre aux besoins réels sans tomber dans une surconsommation chronique. Comprendre les mécanismes en jeu permet de sortir de la culpabilité et d’adopter une approche plus respectueuse du fonctionnement du corps.
Chez MG PEP’S on vous apprend à adapter votre alimentation en fonction de vos besoins et de la saison !
N’hésitez pas à prendre RDV avec l’une de nos expertes
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Références scientifiques
•INSERM – Régulation de l’appétit et hormones métaboliques
•HAS – Surpoids et obésité de l’adulte : mécanismes et facteurs environnementaux
•Harvard Medical School – Seasonal changes in appetite and metabolism
•PubMed – Seasonal variation in ghrelin and leptin levels (Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism)
•European Journal of Nutrition – Impact of daylight exposure on appetite regulation







